Archive | janvier, 2013

Le mariage pour tous, hilarant n’est-ce pas ?

21 Jan

(Cet article a été publié le 23 novembre 2012 sur le webzine Cafebabel. Je lepublie ici maintenant qu’il a été traduit dans les autres langues babéliennes.

cafebabel

Pour lire l’article original, voir la vidéo, lire les traductions dans une des 5 autres langues disponibles sur Cafebabel : http://bit.ly/SspV1I )

 

 

A l’occasion de la réélection de Barack Obama, l’État de Washington, le Maine et le Maryland en ont profité pour approuver par référendum le mariage homosexuel. Quelques jours plus tard, la vidéo des gays qui affirment que si les hétéros ne soutiennent pas le mariage homo, ils se marieront avec leurs copines, a fait le tour de la Toile. Pour être pris au sérieux, ils énumèrent leurs atouts : ils s’habillent mieux, cuisinent mieux, comprennent mieux les filles, aiment aussi les galeries d’art… Le fin mot de l’histoire c’est que les gays rendent un vrai service aux hétéros en leur évitant une concurrence carrément déloyale, et qu’en retour ils ont bien le droit à leur soutien envers le mariage homo faute de quoi leur vengeance sera terrible !

Le plaidoyer en forme d’autodérision

L’argumentation est implacable. Le ton est évidemment faussement sérieux. Mais la décontraction et l’humour affichés reflètent-ils la décrispation de la société américaine ? Rien n’est moins sûr.

De son côté, Act Up Paris avait planifié une campagne avant les présidentielles, qui prévoyait de placarder des messages comme « L’Espagne a légalisé le mariage homosexuel en 2005. Le pays existe toujours, ils ont même gagné au foot » ou «L’Islande a légalisé le mariage homosexuel en 2010. La même année, l’Eyjafjöll est entré en éruption, mais aucun lien n’a été formellement établi ». Un appel à contributions a été lancé mais la campagne n’a pas pu être menée à bien faute de financements. Les militants LGBT européens ne seraient pas d’humeur à en rire ?

Tout le monde n’a pas le même humour

Ce qui est sûr, c’est qu’en France, le débat déchaine les passions. Non, le mariage pour tous (comme il est appelé dans le projet du gouvernement français) n’empêchera pas les couples hétéros de se marier. Non, les enfants adoptés ne deviendront pas tous homosexuels, provoquant ainsi l’extinction de l’humanité. Non, la colère divine ne s’abattra pas sur le pays. Tout ça n’est qu’humour et dérision, me direz-vous ? Que nenni ! Le lot quotidien d’invectives des opposants au projet de loi est parfois tellement ras-des-pâquerettes que les partisans de la réforme en sont réduits à devoir tenir ce style d’argumentation. On pourrait en rire si ce n’était pas le reflet d’une homophobie latente qui gangrène une partie de la société. Un sénateur interviewé par une radio publique a même été jusqu’à affirmer que « c’est une des raisons de la décadence de la Grèce », propos xénophobe en plus d’être homophobe. En effet, la Grèce n’autorisant pas le mariage gay, de quoi parle-il ? Du fait que les Grecs seraient tous homosexuels ?! Mais pourquoi ce débat fait-il autant perdre la tête ?

Crise et mariage homo font-ils bon ménage ?

Pourquoi le clivage est-il tel qu’il oppose deux fragments de la société qui paraissent ne pas pouvoir cohabiter ? Le contexte anxiogène de la crise actuelle amplifie-t-il cette division ? Certains penseront que les dirigeants des pays concernés se servent de ce sujet de société pour jeter de la poudre aux yeux et éviter de parler des vrais sujets. A l’inverse, on peut tout autant penser qu’en période de trouble, les gens reviennent à l’essentiel et se posent les vraies questions : l’économie est-elle la seule chose pour laquelle on doit se battre ? Quelles sont nos valeurs ? Quel modèle de société voulons-nous ? Le mariage en est-il une institution fondamentale ? Les uns répondront qu’ils veulent une société plus tolérante, plus égalitaire, plus juste. Les autres que la famille traditionnelle, et que la filiation d’un père et d’une mère est la base de tout. Et de là, les esprits s’échauffent. La crise est aussi propice aux questions sociétales pour la simple raison que ce genre de réformes ne coûte pas un centime d’argent public. Une vision purement comptable irait peut-être même jusqu’à recommander l’autorisation de l’euthanasie… Espérons que quand le débat sera mis sur la table, on saura apprécier l’humour noir.

En attendant, s’il y en a qui peuvent rire jaunes actuellement, ce sont bien les célibataires. Le mariage monopolise tellement l’attention que les véritables perdants dans l’histoire, ce seront eux. A se demander si le mariage pour tous sera obligatoire.

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Réponse aux participants de la « Manif pour tous »

13 Jan

Alors que des centaines de milliers de personnes ont battu le pavé aujourd’hui dans Paris, je voudrais simplement profiter de ce jour pour répondre aux principaux arguments des détracteurs du mariage pour tous.

J’ai toujours pensé que leurs questionnements étaient légitimes, leurs réticences compréhensibles. Si parmi les manifestants, une frange non négligeable affiche une homophobie assumée, aucun mauvais procès ne doit être fait à l’encontre de ceux qui, par profonde conviction, manifesteront contre ce qu’ils considèreront sincèrement comme une déstabilisation de la société.

J’ai moi-même été un peu perdu concernant mon positionnement sur le mariage pour tous. Et à ma surprise, c’est dans la plume de Charles Consigny, un conseiller de Christine Boutin au parti démocrate chrétien que j’ai trouvé des mots sur ce que j’avais pu être amené à penser : « les pédés ne porteront plus vraiment le nom d’une insulte, embrasser un garçon sous une porte cochère perdra de sa saveur. Ce qui fait, parfois, la poésie d’un baiser entre hommes ou entre femmes, c’est de sortir du cadre, d’être à côté, de se sentir différent ; crisper la bourgeoise de Versailles ou le barbu d’Aulnay-sous-Bois a quelque chose de grisant – si le législateur permet de faire ça devant le maire, c’est toute de suite moins drôle » (http://charlesconsigny.unblog.fr/a-propos/)

Mais alors que les débats ont insulté, rejeté, méprisé une partie des citoyens que nous sommes, j’ai moi aussi envie de faire entendre ma voix sur ce sujet. La vacuité des arguments des opposants a fini de me convaincre.

Ils nous disent « Le mariage pour tous dénature la famille »

Ce projet, s’il permet une nouvelle conception de ce qu’est le mariage, ne modifie pas la définition de la famille. Le législateur ne peut pas renforcer ou affaiblir la prétendue « institution famille » ; il ne fait que refuser ou accorder des droits à des individus selon la structure familiale dans laquelle ils évoluent. Si la loi peut décider de ce qu’est le mariage, il n’a aucune prise sur ce qu’est la famille. La famille ne se décrète pas, la famille est.

Elle est diverse, depuis la nuit des temps. Et dans la société actuelle, elle le devient chaque jour un peu plus. Elle est d’abord mixte du point de vue de la couleur de peau, du point de vue culturel et religieux, du point de vue de la nationalité alors qu’il y a un ou deux siècles cela aurait été perçu comme une hérésie. Elle se construit en dehors du cadre que propose la législation quand plus de la moitié des enfants naissent de couple non mariés. Elle est monoparentale quand une personne seule a fait les démarches pour pouvoir adopter, quand un accident de la vie a séparé des couples, quand une femme éprouvant un fort désir d’enfant fait un bébé dans le dos d’un partenaire d’un soir. Elle est recomposée quand les enfants ont dû suivre les parents dans leur nouveau choix de vie. Cela fait maintenant des années que la famille traditionnelle n’est plus une tradition, que la famille française ne répond plus à aucun modèle dominant. Comment ceux qui s’accrochent toujours au modèle classique de famille peuvent-ils ne pas le voir ?

Il ne s’agit pas de dire « Ne vaut-il mieux pas deux papas ou deux mamans qui s’aiment qu’un papa et une maman qui se tapent dessus ». Je déteste cet argument qui semble vouloir dire qu’il vaut mieux le mal plutôt que le pire. Et malheureusement, il y aura autant de probabilité que les familles homoparentales se déchirent. Non la question n’est pas là. Le fait est qu’elles existent ; elles intègrent déjà la société française. La seule question est de savoir si les individus qui composent ces familles ont les mêmes droits ou non que les autres.

Ils nous disent « L’adoption par les couples homosexuels est déstabilisante pour les enfants »

Si la crainte est de voir ces enfants victimes de discriminations de la part de la société pendant leur développement, force est de constater que ces discriminations ne pourront émaner que de la partie de la société qui, justement, utilise cette crainte comme argument contre la réforme. Ils auraient donc peur eux-mêmes d’être les coupables de discriminations. Quel comble !

D’autre part, pour les enfants, ce n’a jamais été le modèle familial qui a pu les déstabiliser ; des enquêtes de large ampleur sont désormais là pour le prouver. Ce qui peut les déstabiliser, c’est le mensonge sur leur propre histoire, sur la véritable identité de leur père, sur le fait qu’on leur ait caché qu’il aient été adoptés ou qu’ils soient issus d’un don de sperme qui n’était pas celui de leur père. Tout un chacun peut bien comprendre à quel point une telle situation peut créer un traumatisme chez chaque personne qui se pose la question de son identité. Quelque soit le modèle familial auquel on appartient, l’épanouissement de l’enfant ne peut se faire que dans la vérité. Et c’est souvent là le drame de certaines familles, pour le coup traditionnalistes celles-là…

Une chose est sûre, si la nouvelle loi n’a pas pour vocation de renforcer « l’institution famille », en revanche, elle changera du tout au tout la situation de milliers de parents qui n’ont légalement aucun droit sur leur enfant, et de milliers d’enfants à qui la loi n’admet aucun lien avec un parent qui les a élevé depuis leur plus jeune âge.

Ils font un lien entre mariage pour tous et problèmes de pédophilie, d’inceste.

C’est là une bien drôle façon d’appréhender les choses. Pourquoi la soi-disant bien-pensance hétéronormée n’envisage pas que l’on puisse acquérir les mêmes droits qu’eux sans reproduire ce qu’il y a de plus abject dans ce que leur propre modèle a amené ? Pourquoi ces attaques viennent-ils des milieux les plus conservateurs, qui sont les mêmes qui ont été frappés par les scandales de pédophilie les plus graves ? C’est à n’y rien comprendre. Si la pédophilie et l’inceste avaient attendu la loi sur le mariage pour tous pour faire des ravages, ça se saurait ! Cette attaque n’a aucun sens.

Cela voudra-t-il dire que la prochaine loi protègera les enfants de la pédophilie et de l’inceste ? Absolument pas, pas plus qu’elle n’est faite pour les protéger d’avoir des parents tueurs en série, dealers de drogue, ou braqueurs de banque. Cela n’a strictement rien à voir, et je m’étonne d’avoir à le rappeler.

Une chose est certaine en revanche, c’est que les couples homosexuels qui ont des enfants, et ceux qui continueront à en avoir après que la loi soit adoptée, les accueilleront après des démarches longues et compliquées, après une réflexion de longue date. Il ne peut pas y avoir d’enfants qui arrivent par accident au sein d’un couple homo, comme c’est le cas chez les hétéros ; ils sont nécessairement désirés.

Ils nous disent « Un mariage, c’est un homme et une femme dans le but de faire des enfants. »

Là aussi, si la famille n’est plus celle qu’ils voient dans leur modèle unique, le mariage lui non plus, ne correspond plus à cette vision dépassée qu’ils en ont. Si le mariage n’était un contrat que dans le but de donner un cadre à l’arrivée des enfants, alors ce qu’il faudrait faire, ce ne serait pas le réserver aux couples hétérosexuels, il faudrait l’abolir, tellement il a été perverti par la société actuelle.

Demande-t-on un certificat médical en vue d’être sûr que la future épouse n’est pas ménopausée ? Au moment de la signature, considère-t-on que le futur couple s’engage à essayer de faire des enfants ?

Aujourd’hui plus de la moitié des enfants naissent hors mariage, et on a fini par bien vouloir leur concéder strictement les mêmes droits que « l’enfant légitime », comme l’appelait encore le code civil jusqu’en 2006.
Cette conception du mariage n’est plus en phase depuis belle lurette avec les réalités actuelles. Cela crève les yeux.

Ils nous disent « Un mariage, c’est un homme et une femme. Donnons strictement les mêmes droits aux couples homos mais n’appelons pas cela mariage »

Je dois dire que j’ai moi-même été séduit par cet argument. Mais force est de constater que seule une vision d’ordre religieux peut encore lui donner raison. Que les autorités religieuses continuent de décider librement de qui elles souhaitent et qui elles ne souhaitent pas marier, personne ne le leur reproche. Mais le mariage civil n’est pas le mariage religieux.

Charles Consigny (décidément) l’a bien exprimé : « C’est un peu comme si on disait : une maison, c’est un rez-de-chaussée avec deux étages. Faisons des habitations à trois étages, mais ne les appelons pas maison. » C’est aujourd’hui une question de principe ; de principe de liberté des couples homos, de principe d’égalité pour les couples homos, de principe de fraternité envers les familles homoparentales.

Ils nous disent « Le mariage pour tous ; et ensuite la polygamie pendant qu’on y est »

Là aussi, depuis qu’il existe, le mariage n’a pas empêché les familles de devoir surmonter des problèmes d’adultères, de les intégrer à leur vie quotidienne. Encore une fois, c’est le mensonge qui a causé du tort aux familles, pas les comportements en eux-mêmes.

Je tiens d’ailleurs sur ce point à préciser que c’est tant que le mariage entre personnes de même sexe n’est pas reconnu légalement en France et qu’il l’est dans d’autres pays, que la polygamie est possible : un homme, français, marié avec un autre homme, en Belgique ou en Espagne, peut en effet contracter un mariage hétérosexuel en France ; la loi, qui ne reconnaît pas le premier mariage, le lui permet. Une fois le mariage pour tous adopter en France, ces cas de polygamie ne pourront pas exister.

Toutes les personnes qui ont défilé aujourd’hui sous les pancartes hostiles au mariage pour tous seront probablement, à un moment ou à un autre, confrontées de manière plus personnelle à cette question. Soit parce qu’un de leurs enfants ou petits-enfants sera homosexuel, qu’ils recevront un faire-part d’un cousin, ou qu’ils apprendront que leur voisin qu’ils croyaient vieux garçon envisage d’adopter avec son nouveau compagnon, fort sympathique au demeurant. J’ose espérer que leur vision des choses changera, qu’ils retrouveront un peu d’humanité.

Ma mère m’avouait il y a peu « Tu sais, nous, si tu avais pas été homo, on aurait sans doute pas vraiment évolué sur la question ». Alors peut-être faut-il avoir un homosexuel dans son entourage pour se rendre compte de l’importance, pour certaines familles, de se voir reconnaître les mêmes droits ; après tout, je veux bien le comprendre. J’ose donc aussi espérer que c’est la méconnaissance, voire l’ignorance qui a poussé ces centaines de milliers de gens dans la rue.

Mais je suis convaincu d’une chose. Dans 30, 40 ou 50 ans, ils ne seront vraiment pas fiers de dire à leur enfants « ce 13 janvier, j’étais dans la rue avec ma pancarte », tout comme ils ne comprennent pas comment ils ont pu combattre l’IVG, l’abolition de la peine de mort, le PACS. Comment peuvent-ils en être inconscients ?

Lettre ouverte à Christine Boutin

7 Jan

Madame Boutin,

Je ne partage pas vos opinions concernant le mariage pour tous, et pourtant, je pense que vos prises de positions sont à prendre en considération et à ne pas balayer de manière méprisante, comme le font trop souvent les partisans du projet de loi. Si ce n’est en tant que croyante, en tant que citoyenne, vos craintes sont légitimes, vos doutes sont entendables.

Ayant pris part à la manifestation parisienne du 15 décembre, j’y ai vu la pancarte « Promis Christine, on touchera pas à nos cousines » et, trouvant que la rime lui donnait un trait plutôt humoristique, elle m’a sans doute fait sourire, sans plus…

A ce sujet, j’ai par la suite appris, au hasard d’une recherche, que le droit civil interdisait le mariage entre ascendants et descendants, entre frère et sœurs et, entre oncles/tantes et nièces/neveux. Mais contrairement à ce que pouvait laisser penser le slogan aperçu dans la manif, le mariage entre cousins, et notamment entre cousins germains (1er degré de parenté après celui entre oncles/tantes et nièces/neveux) était, lui, autorisé. Je n’en ai pas été particulièrement choqué, mais surpris…

Au détour d’une conversation, j’ai ensuite appris que vous-même, madame Christine Martin, étiez en fait mariée, depuis 1967 avec Monsieur Louis Boutin, qui se trouve également être votre cousin germain. Les bras m’en sont tombés, il devait y avoir erreur ! Mais non, il semblerait que ce lien de parenté avec celui qui est devenu votre mari, soit en fait de notoriété publique. Ceux qui arboraient la pancarte le 15 décembre, j’en suis convaincu, ne pensaient pas si bien dire!

En approfondissant un peu sur le sujet, et sachant que vous affirmez et revendiquez votre catholicisme, je me suis alors demandé, malgré l’autorisation faite aux mariages entre cousins germains par le droit civil, ce qu’en disait le droit de l’Eglise, souvent moins libertaire. Au chapitre III du Titre VII de la Première partie du Livre IV du Code de Droit canonique, le Can. 1091 §2 indique effectivement qu’ « En ligne collatérale, [le mariage] est invalide jusqu’au quatrième degré inclusivement », c’est-à-dire qu’il est tout simplement interdit entre cousins germains. Comment Christine Martin et Louis Boutin ont-il fait ? me suis-je alors demandé… J’ai alors compris que dans un tel cas, le mariage entre cousins germains était autorisé, sous condition de l’obtention d’une dérogation. Et à ce sujet, je n’ai pas réussi à avoir une réponse précise à ma question qui était de savoir qui avait autorité pour vous avoir octroyé une telle dérogation. Est-ce l’évêque ? Est-ce uniquement le Pape ? Je vous serai donc reconnaissant de bien vouloir m’informer sur ce point.

Toujours est-il que toutes ces révélations m’ont donc fait prendre conscience que, malgré le fait que vous soyez une des plus farouches opposantes au projet de mariage pour tous, vous avez fait vôtre l’idée du mariage entre cousins, oubliée par le droit civil, mais bel et bien interdite par le droit de l’Eglise, et pour lequel vous avez donc dû aller quémander une dérogation exceptionnelle auprès des hautes institutions religieuses, la structure familiale que vous souhaitiez constituer n’étant pour le moins pas conforme à la morale dont vous vous prévalez aujourd’hui. Vous avez en fait dérogé vous-même aux principes que vous hurlez à corps et à cris, en brandissant même un livre religieux par définition dans une enceinte laïque.

La seule attitude décente que vous puissiez adopter en ce moment, dans de telles circonstances, serait de vous faire petite, toute petite, de vous faire oublier.

Ma question est donc la suivante : Madame Boutin, en pleine période de débat sur le mariage pour tous, le matin en vous brossant les dents (l’analogie avec la célèbre phrase « le matin en me rasant… » n’étant pas possible dans votre cas), comment réussissez-vous à vous regarder dans la glace ?

Bien cordialement

Thomas LEY